A toi, le SDF

Publié le par la vouivre

Un soir, début octobre, vers minuit, je sillonne les rues de la ville en quête de cigarettes, cherchant désespérément un bar-tabac. En manque je suis.... mais pouquoi n'y a il pas un bureau de tabac de garde ?? de distributeurs automatiques ?? La gare !! mais bien sûr, la gare allait me combler....
En arrivant devant les portes, je vois un homme allongé, ma première pensée est de me dire qu'il a du bien boire...mais en passant vers lui, je vois des cartons installés sous lui, et un gros sac posé à ses côtés, sac genre Mano Solo : "tous ceux bien plus à plaindre, leur maison dans un sac Tati, qui restent là quand le métro s'en va" Il s'était endormi là, sa gamelle à auboles laissée devant lui.... Et moi, interdite, je le regarde... j'ai froid... il n'y a pas que la douceur des couettes qui peut endormir... j'ai froid et j'ai honte de mon manque de nicotine.... je cherche vivement dans ma poche et achète le silence de ma conscience avec une pièce de 2 euros... ce n'est pas un partage, je paie ma tranquilité d'esprit... j'ai froid et j'ai honte... Il ouvre les yeux, me regarde, nos regards se croisent, mais je détourne le mien, car il s'emplit de larmes.. parce que je sais que je vais tourner les talons et accepter cet état de choses, je vais accepter sans aucune révolte que des gens dorment dehors dans mon pays, ma ville, ma rue.... je vais accepter de me taire, de ne pas crier ma honte...
Pardonnez moi d'accepter de vous laisser vivre d'une façon qui nous offusquerait si vous étiez chiens...
Je me pose souvent une question : Jusqu'où sommes nous capable d'accepter ???

Publié dans la-vouivre

Commenter cet article